Bonjour à tous. Romain, L2 Histoire.
Nous sommes aujourd’hui le 6 décembre. Le premier jour de blocage était le 6 novembre. Nous fêtons donc aujourd’hui notre premier mois de blocage ! Bon anniversaire ! Or on peut remarquer que pendant ce mois, en AG, c’étaient toujours les mêmes personnes qui venaient parler à la tribune. On ne peut pas le leur reprocher, puisque les tours de parole sont ouverts, mais j’aimerais juste demander un peu plus d’indulgence pour ceux dont les interventions sont plus rares, et qu’on intimide systématiquement quand elles prennent la parole, sous prétexte que leur pensée est différente de la votre. Je ne pense pas particulièrement à moi mais à ceux qui ont été insultés lors de leurs passages aux précédentes AG. Une assemblée d’étudiants n’est pas une foire, c’est un lieu de débat, alors oubliez la pensée unique, ça ne peut que rapprocher les étudiants.
● Tout d’abord, je vais préciser mes opinions : je me considère comme de gauche, mais non représenté par un parti. Je suis favorable au mouvement, mais pas au blocage, tout simplement parce que je pense que celui-ci ne peut pas permettre d’amplifier le mouvement.
● Il n’empêche qu’il ne faut pas oublier le principal : le mouvement est un mouvement de fond. Le blocage est une modalité d’action, il n’est qu’une des formes du mouvement.
Alors j’aimerais m’adresser rapidement aux Libertafac : Je suis d’accord avec vous pour dire que le blocage est une atteinte à la liberté d’étudier. Nous avons payé pour nos études et il n’est pas normal que ceux qui veulent viscéralement aller en cours ne le puissent pas.
Il n’empêche que j’aimerais que vous éclaircissiez davantage vos points de vue : la plupart d’entre vous se disent opposés à la loi LRU, qui est une privatisation qui ne dit pas son nom.
Alors je ne comprends pas, pourquoi mardi, pendant la manif, vous n’étiez avec nous dans la rue pour demander le retrait de la loi. Pendant que nous manifestions, vous êtes venus ici pour débloquer symboliquement la fac, en sachant qu’elle serait rebloquée le soir-même par les occupants.
La forme du mouvement a-t-elle donc pour vous plus d’importance que le fond ?
Si vous voulez la reprise des cours, faites-vous davantage entendre en AG ! Et osez voter ! N’ayez pas peur de vos convictions ! Un peu de courage !
Je me suis senti bien seul ces derniers temps, en votant Pour la grève mais Contre le blocage. Le boycott n’est pas une solution et le déblocage de la fac pendant les manifs non plus ! Alors si vous êtes contre la loi LRU, venez aux manifs, car c’est dans la rue qu’on obtiendra raison ! Je ne suis pas jusqu’au boutiste, loin de là ! Je ne pense pas qu’on obtiendra le retrait de la loi, soyons réaliste, mais battons-nous tant qu’on le peut, c’est ainsi qu’on arrachera un maximum d’avancées !
● Second point : Beaucoup disent que le mouvement ne s’essouffle pas : c’est faux : ouvrez les yeux, le mouvement s’essouffle ! Pourquoi ? Parce que le président du syndicat dont je me sens le plus proche a décidé de torpiller le mouvement avant de tirer se révérence. Et ça me peine de le dire, parce que c’est l’UNEF, que j’ai de l’estime pour sa base et que je pourrais en faire partie, mais quand le mouvement sera vraiment fini, il faudra demander des comptes à sa direction ! Parce que réclamer la fin du mouvement sous pretexte que Pécresse nous offre des sucrettes pour aller avec le café du matin, c’est rien de moins qu’une trahison !
● Pour mon dernier point, j’aimerais m’adresser à ceux qui occupent les locaux. L’AG vote en faveur de l’occupation. Vous occupez, soit. Mais une partie d’entre vous, dont je sais qu’elle est minoritaire, se livre à des dégradations qui ne font que décrédibiliser le mouvement. Ces dégradations ne font pas grimper la contestation étudiante, elles permettent juste à certains d’assouvir leurs besoins juvéniles de casser ce qui les entoure, et se répercutera sur les frais d’inscription de l’an prochain. Que fait le Service d’ordre ?? ( bien que, dit en passant, en ce moment, la fac aurait plutôt tendance à gagner de l’argent, puisque les salaires retirés aux personnels grévistes sont, parait-il, plus importants que le coût des dégradations. )
● J’ai donc résumé ma position : Oui à la mobilisation, oui aux manifestations, non aux blocages sauvages. Et surtout, j’aimerais lancer un appel à la réflexion critique de chacun, sur les évènements actuels, sur l’avenir de l’Université, mais aussi un appel à la responsabilité individuelle.
Je terminerai mon intervention, en demandant à ce que, quoi qu’il arrive, la communauté étudiante cesse de se déchirer comme elle le fait, entre bloqueurs et anti-bloqueurs, c’est unis, qu’on obtiendra des avancées, et le plus rapidement sera le mieux !